Cartooning for Peace / Alerte Bangladesh – Ahmed Kabir Kishore

Alerte Bangladesh – Ahmed Kabir Kishore

3 mars 2021

 

 

Déclaration commune CRNI et CFP

Kishore libéré sous caution pour 6 mois ; sa sortie de prison est attendue prochainement

CRNI et Cartooning for Peace accueillent favorablement la décision prise ce matin par le tribunal de grande instance de Dhaka, de libérer le dessinateur Ahmed Kabir Kishore sous caution, mettant ainsi fin à ses dix mois d’emprisonnement. Mais des questions subsistent quant à la mort de son co-accusé Mushtaq Ahmed, aux allégations de violences physiques subies par Kishore et, plus largement, à l’avenir de la loi sur la sécurité numérique (DSA) utilisée pour les détenir, ainsi que d’innombrables autres au Bangladesh.

Après les sinistres nouvelles de la semaine dernière, c’est avec un certain soulagement que nous pouvons annoncer qu’Ahmed Kabir Kishore pourrait, selon son avocat, s’attendre à être libéré dans les deux ou trois prochains jours, le temps que la décision de la cour soit appliquée.

La mort de l’écrivain Mushtaq Ahmed a entraîné quatre jours de manifestations à Dhaka, dont certaines se sont accompagnées de heurts avec la police. En début de semaine, la Haut-Commissaire aux Droits de l’homme des Nations unies, Michelle Bachelet est intervenue en déclarant : « Il faut réviser la loi sur la sécurité numérique pour laquelle Ahmed a été inculpé – et toutes les personnes, détenues en vertu de cette loi pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et d’opinion, doivent être libérées ».

La semaine dernière, la Sous-Commission Droits de l’homme du Parlement européen a recueilli, quelques heures à peine avant la mort d’Ahmed, des témoignages sur le Bangladesh et la situation du pays lors d’un échange de points de vues, incitant la présidente de la Sous-Commission, Maria Arena à déclarer : « Je demande la libération immédiate d’Ahmed Kabir Kishore ».

Dans les heures à venir, Karima Bennoune, Rapporteur spéciale pour les droits culturels, devrait mettre en lumière la situation de Kishore, lors de sa prise de parole durant la 46ème session du Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies. Elle a d’ores et déjà affirmé dans un rapport sur les violations survenues durant la pandémie, qu’elle était « profondément préoccupée par l’emprisonnement d’artistes visés du fait qu’elles et ils recourent à leur travail pour apporter un regard critique sur les réponses des autorités publiques à la pandémie. », citant notamment le cas d’Ahmed Kishore.

Hier, le ministre de la justice Anihul Huq a semblé enclin à coopérer sur la question de la DSA, déclarant : « Je discute avec le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies. Nous sommes en train de comparer la loi avec d’autres lois similaires dans le monde. Nous travaillons à développer des mécanismes régulateurs pour prévenir tout abus et mauvaise utilisation [de la loi], et comment ces mécanismes peuvent être intégré à la loi. »

Le directeur exécutif de CRNI, Terry Anderson, a déclaré : « Ahmed Kabir Kishore n’est pas encore en sécurité. J’attends qu’il soit libéré sans autre forme de préjudice pour sa personne, j’exige que ses allégations de torture fassent l’objet d’une enquête impartiale et indépendante et que toute personne impliquée dans la mort de Mushtaq Ahmed rende des comptes. J’attends avec impatience l’éventuel acquittement de Kishore et j’espère que la loi sur la sécurité numérique deviendra bientôt un vestige du passé. Le poids de la communauté mondiale des droits de l’homme s’y oppose désormais entièrement ». Une déclaration que le président de Cartooning for Peace, Kak, approuve : « Moi-même dessinateur de presse, je ne me résoudrai jamais à l’idée que le simple fait qu’un citoyen exprime son opinion et sa sensibilité en quelques traits sur une feuille de papier engendre un tel niveau de répression. »


Mise à jour 3 mars 2021

Après six demandes, Kishore une libération sous caution de 6 mois

Cartooning for Peace se réjouit d’apprendre la libération sous caution du dessinateur du Bangladesh, Ahmed Kabir Kishore, emprisonné depuis presque 10 mois.

Son avocat, M. Jyotirmoy Barua annonçait ce matin que les juges lui ont accordé une libération sous caution ce mercredi 3 mars 2021, considérant selon des médias locaux « qu’il croupit en prison depuis longtemps et que l’enquête sur les poursuites engagées contre lui est en cours ». Il est actuellement toujours derrière les barreaux mais son avocat a déclaré espérer sa sortie de prison dans deux, trois jours.

Cette libération intervient alors que son co-accusé au nom de la très controversée loi sur la liberté numérique, Mushtaq Ahmed décédait en prison la semaine dernière et que le dessinateur révélait avoir été torturé en prison. Cartooning for Peace restera mobilisée pour obtenir le retrait complet des charges qui pèsent sur lui.


26 février 2021

Inquiétudes autour de l’état de santé d’Ahmed Kabir Kishore et décès de son co-accusé, Mustaq Ahmed

Cartooning for Peace se joint à l’appel lancé par de nombreuses organisations internationales pour cet énième appel à la libération de Ahmed Kabir Kishore, et exprime sa grande tristesse au sujet du décès de l’écrivain Mustaq Ahmed.

Mustaq Ahmed, arrêté le même jour que Kishore, est mort à son arrivée à l’Hôpital du Collège médical Shaheed Tajuddin Ahmed ce 25 février 2021 après avoir été transporté depuis la prison Kashimpur où il était incarcéré depuis le mois de mai dernier. Human rights Watch demande une enquête indépendante sur la mort de l’écrivain.

L’avocat des deux co-accusés, Jyotirmoy Barua, a déclaré lors d’un entretien avec le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) ne pas avoir connaissance des circonstances et des causes de la mort de Ahmed. Dans le même entretien tenu avec CPJ, l’avocat avait affirmé l’avoir vu en bonne santé le 23 février dernier lors d’une audience du tribunal de première instance où comparaissait également Kishore. Lors de cette audience Ahmed aurait déclaré à la Cour s’inquiéter de l’état de santé dégradant de Kishore, selon Rezaur Rahman Lenin, défenseur des droits de l’Homme et consultant pour le bureau du coordinateur résident des Nations Unies, présent le jour de l’audience et dont les propos ont été reporté par CPJ.

Lors de cette audience, Kishore a pu transmettre une note à un collègue de son avocat Jyotirmoy Barua, qui l’a à son tour transmise à la famille de Kishore. Selon le frère de Kishore, Ahsan Kabir qui s’est entretenu avec Cartoonist Rights Network International (CRNI), cette note rassemble des accusations écrites de la main de Kishore selon lesquelles il serait victime d’abus physique en détention. Il a également joint des croquis des deux policiers qu’il tient pour responsable. La famille du dessinateur affirme avoir eu précédemment des soupçons de mauvais traitement et son frère qui a eu l’occasion de le rencontrer il y a peu l’aurait trouvé en mauvaise santé.

Selon des informations de la presse locale reprises par CPJ, Kishore aurait une grave blessure à la jambe gauche et aux oreilles qui se seraient transformées en infection du fait du manque de soins médicaux.

Rappelons que diabétique et alors que la pandémie de covid-19 sévit durement au Bangladesh, Kishore est maintenant en prison depuis près de 10 mois et s’est vu refuser 6 appels à libération sous caution alors que le rapport soumis par la RAB est considéré comme incomplet et que de nombreux autres détenus ont été libérés. Ce 25 février, le cas de Kishore et la Loi sur la Sécurité Numérique et ses conséquences ont d’ailleurs été évoqués lors d’un échange de points de vue à la Sous-Commission aux Droits de l’Homme du Parlement européen présidée par Madame Maria Arena. Cette dernière avait déjà demandé la libération du dessinateur le 8 octobre 2020, suivie par des experts du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’Homme.

Les accusations de mauvais traitement et les rapports concernant sa santé font craindre le pire. Il est maintenant urgent que le gouvernement entende les multiples appels à sa libération, avant qu’il ne soit trop tard, comme cela a été le cas pour M. Mustaq Ahmed.

Tweet de Maria Arena sur la situation du dessinateur Kishore :

 

Tweet de Irene Khan, rapporteur spécial des Nations Unies pour la liberté d’opinion et d’expression :


18 décembre 2020

Trois organisations de défense de la liberté d’expression se joignent à l’appel des experts de l’ONU:

libérez Ahmed Kabir Kishore

«Plus de sept mois après l’arrestation d’Ahmed Kabir Kishore par le Bataillon d’Action Rapide (RAB) – la division de police généralement déployée contre les criminels les plus dangereux du Bangladesh. Il est temps pour eux et pour le gouvernement qu’ils servent d’agir. Au-delà des accusations initiales, le dossier n’a pas été étayé.
Même en tenant compte des retards qui auraient pu résulter de la pandémie, l’ensemble du dossier à charge contre Kishore aurait déjà dû être articulé. Il s’agit d’ailleurs d’une obligation pour les procureurs, clairement énoncée par Le Premier ministre du Bangladesh dans ses commentaires du 2 novembre*. Le manque de preuves a été constaté par le juge principal lors de la dernière audience de mise en liberté sous caution de Kishore le 11 novembre 2020 (la cinquième en date, qui n’a révélé aucune nouvelle information et n’a toujours pas permis au dossier de progresser).
Il est maintenant évident que Kishore est détenu sur la base d’accusations sans fondement, quel que soit le bien-fondé de la loi sur la sécurité numérique citée au moment de son arrestation, considérée par tous les observateurs internationaux comme imparfaite, disproportionnée et incompatible avec les droits de l’homme. Entre-temps, lui et ceux qui lui rendent visite en prison ont été inutilement exposés aux risques inhérents au coronavirus, et après des mois de traitement inadéquat, la santé de Kishore se serait récemment détériorée, ce dernier présentant des symptômes de diabète insulinodépendant, maladie dont il est affligé de longue date et qui le rend d’autant plus vulnérable face à la circulation du virus.
Assez, c’est assez. Ahmed Kabir Kishore devrait être immédiatement libéré et toutes les accusations à charge du dessinateur devraient être abandonnées à la première occasion.»

La déclaration de Cartooning For Peace, Cartoonists Rights Network International (CRNI) et Reporters sans frontières (RSF) fait suite à l’intervention, le 16 décembre 2020, des experts du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme Karima Bennoune – Rapporteur spécial dans le domaine des droits culturels, Irene Khan – Spécial Rapporteur sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression et Tlaleng Mofokeng – Rapporteur spécial sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre.

Elle fait également suite à la déclaration du 8 octobre 2020 de Maria Arena, présidente de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen.

* Premier ministre Sheik Hassina – «il est également essentiel que les autorités concernées fournissent des faits et des informations avec les explications nécessaires.»

Télécharger la déclaration : Kishore statement Dec 2020 FINAL


16 décembre 2020

Déclaration du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme pour la libération de Ahmed Kishore

Cartooning for Peace accueille avec joie la déclaration du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme  et des experts des droits de l’Homme des Nations Unies, Karima Bennoune, Rapporteur spécial dans le domaine des droits culturels ; Irene Khan, Rapporteur spécial sur le droit à la liberté d’opinion et d’expression ; Tlaleng Mofokeng, Rapporteur spécial sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible, demandant la libération immédiate du dessinateur Ahmed Kabir Kishore en raison de la détérioration de son état de santé.

La déclaration rappelle que « La critique de la politique gouvernementale, y compris par le biais de la satire politique et des caricatures, est autorisée en vertu des droits à la liberté d’expression et des droits culturels, et ne devrait pas être criminalisée« .

Le dessinateur, à la santé fragile, a été arrêté au mois de mai 2020 après la publication d’une série de dessins sur Facebook, « La vie au temps du Corona » et est en attente de son jugement.

Comme l’écrit CRNI, citant la déclaration, « Les autorités bangladaises ont libéré des milliers d’individus en raison de la menace que représente COVID-19 dans les prisons, et il ne semble y avoir aucune raison légitime de refuser la demande de libération sous caution de M. Kishore » (…). « Nous demandons instamment au Bangladesh de libérer M. Kishore pour des raisons humanitaires afin d’éviter une nouvelle détérioration de sa santé ».

Nous espérons que leur appel sera entendu.

8 octobre 2020

Déclaration de Maria Arena, Présidente de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen, sur la situation du journaliste et dessinateur Ahmed Kabir Kishore, emprisonné.

« Je suis sérieusement préoccupée par la vague d’arrestations ciblant des journalistes au Bangladesh, dont le dessinateur Ahmed Kabir Kishore, sur la base de la loi de sécurité numérique de 2018, pouvant être utilisée pour restreindre indûment la liberté d’expression et la liberté des médias (…) Étant insulinodépendant, l’état de santé d’Ahmed Kabir Kishore est très préoccupant alors que la pandémie de COVID-19 frappe durement le pays. Dans le contexte actuel de la pandémie, il est urgent de garantir à Ahmed et à tous ceux qui en ont besoin l’accès à des soins et des traitements médicaux adéquats. Sa libération enverrait un signal positif quant à la manière dont le gouvernement bangladeshi respecte ses engagements vis-à-vis des traités internationaux sur les droits de l’homme.« 

Lire la déclaration

Cartooning for Peace se réjouit de l’issue de cette déclaration publique. Elle espère vivement que cet appel sera entendu et que le dessinateur sera libéré dans les meilleurs délais.

Le dessinateur, récent récipiendaire du « Robert Russell Courage in Cartooning Award » de l’association CRNI est en prison depuis plus de 5 mois, ses appels à libération sous caution restant jusqu’à aujourd’hui lettre morte. Il est accusé de propager des rumeurs et de désinformation suite à la publication d’une série de dessins critiquant la gestion de la pandémie COVID-19 dans son pays.

Frontline Defenders dans une déclaration également parue aujourd’hui, s’inquiète également de la répression croissante de la liberté d’expression et du nombre croissant d’arrestations de défenseurs des droits humains, dont des journalistes, au Bangladesh, en vertu de la loi sur la sécurité numérique (DSA) de 2018. L’organisation rappelle également que le Haut Commissaire des Nations Unies a exhorté les gouvernements à s’efforcer de réduire le nombre de détenus dans les prisons du fait de la pandémie.


3 juin 2020

Cartooning for Peace s’engage auprès de Reporters Sans Frontières (RSF) et ses partenaires pour le respect de la liberté de la presse au Bangladesh.

Cartooning for Peace fait partie des 5 co-signataires de la lettre ouverte adressé par Reporters Sans frontières (RSF) à la Première Ministre du Bangladesh, Mme Sheikh Hasina ce 3 juin 2020.

Les cosignataires lui demandent de garantir la liberté de la presse dans son pays alors qu’une vague d’arrestations qui cible de nombreux journalistes, au nombre desquels on compte la présence du dessinateur de presse Ahmed Kabir Kishore, est survenue dans le pays au motif de la répressive Loi sur la sécurité numérique de 2018.

Plus particulièrement, les partenaires formulent les demandes suivantes à l’attention de la Première Ministre et du gouvernement :

  • L’assurance que les attaques physiques perpétrées contre des reporters ne restent pas impunies, en veillant à ce que l’Avocat général lance les enquêtes nécessaires pour que les responsables et les commanditaires soient arrêtés et jugés pour leurs actes.
  • L’abandon des poursuites abusives adressées contre les journalistes, blogueurs ou dessinateurs de presse au motif de la Loi sur la sécurité numérique de 2018.
  • La Réforme de l’arsenal législatif sur la liberté de la presse afin qu’il soit en conformité avec les engagements pris par le gouvernement devant les instances internationales, et notamment devant les Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le 14 mai 2018. A ce titre, il convient d’amender la loi sur la sécurité numérique et d’envisager la rédaction d’une loi sur la protection des journalistes.

Pour rappel, Ahmed Kabir Kishore a été arrêté le 6 mai et est accusé de propagation de rumeurs et de désinformation à la suite de la publication d’une série de dessins de presse critiquant la gestion de la crise sanitaire relative au COVID-19 dans le pays.

Toujours en prison alors que de nombreuses personnes arrêtées ont été libérées, sa santé inquiète et Cartooning for Peace et Cartoonists Rights International demandent également des garanties quant au respect des règles d’incarcération alors que la pandémie frappe le pays de plein fouet.


Alerte 14 mai 2020

Comme de nombreuses organisations, Cartooning for Peace s’inquiète de la vague d’arrestations de nombreuses personnes (incluant des journalistes, artistes, défenseurs des droits humains) et particulièrement du dessinateur Ahmed Kabir Kishore sous prétexte d’une infraction à la loi sur la sécurité numérique de 2018. Ce dernier, détenu provisoirement, risque en effet la prison à vie pour avoir « diffusé sur Facebook des rumeurs et de la désinformation sur la situation du coronavirus » et « insulté l’image du père de la nation, l’hymne national ou drapeau national ».
Cartooning for Peace s’associe à l’appel de RSF, consultable à ce lien.

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