Cartooning for Peace / Alerte Algérie – Ghilas Aïnouche

Alerte Algérie – Ghilas Aïnouche

Alerte terminée

Dernière mise à jour de l’alerte : 24 Mars 2024

 

Le dessinateur de presse algérien Ghilas Aïnouche a été condamné à 30 ans de prison.

En mars 2024, le tribunal de Ruisseau, à Alger, a condamné le dessinateur de presse Ghilas Aïnouche à une peine de vingt ans de prison supplémentaire pour « appartenance à un groupe terroriste », en plus des chefs d’accusation d’atteinte « au président de la République » et « aux symboles de l’État », au nom de l’article 87 bis du code pénal algérien, dont la mécanique répressive repose principalement sur une définition malléable du terrorisme qui permet de réprimer toute forme de contestation du pouvoir militaire. Ghilas Aïnouche a également écopé d’amendes et d’un nouveau mandat d’arrêt international.

Pour rappel, le dessinateur avait été condamné à dix ans de prison ferme par contumace en novembre 2022 pour ses dessins représentant le président Abdelmadjid Tebboune. Reporters sans frontières souligne que « le paysage médiatique en Algérie n’a jamais été aussi détérioré : les médias indépendants sont sous pression, les journalistes sont régulièrement emprisonnés ou poursuivis, et plusieurs sites Internet sont bloqués ». L’Algérie, qui apparaît en rouge sur la carte de la liberté de la presse, se classe au 145ᵉ rang sur 180 pays. Ces dernières années, les autorités algériennes ont engagé des réformes répressives du code pénal, dénoncées par plusieurs organisations de défense des droits humains.

Cartooning for Peace dénonce l’acharnement judiciaire dont Ghilas Aïnouche est la cible, ainsi que l’utilisation abusive des lois antiterroristes par les autorités pour brimer la liberté d’expression et les voix critiques.

 

Sources:

 


30 novembre 2022

Le dessinateur de presse algérien Ghilas Aïnouche, condamné à 10 ans de prison par contumace et sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

Le 30 novembre 2022, le dessinateur de presse algérien Ghilas Aïnouche, réfugié en France depuis 2020, a été condamné à dix ans de prison par contumace par le tribunal criminel de Béjaïa (Algérie) pour « atteinte à la personne du président de la République algérienne, atteinte aux symboles de l’Etat et terrorisme », conformément à l’article 87 Bis du code pénal algérien. Un mandat d’arrêt international a été lancé à son encontre par les autorités du pays.

 

Le 4 mai 2022, le dessinateur a été convoqué par la justice algérienne pour ses dessins illustrant le président Abdelmadjid Tebboune, publiés sur ses réseaux sociaux et dans des journaux d’opposition en ligne, tel que le journal L’avant-garde Algérie ou encore la chaine de télévision Canal 22. En 2017 déjà, selon la presse le dessinateur avait également subi une agression de la part de policiers algériens qui l’ont violenté physiquement lors d’une conférence interdite. Plusieurs mois après, il a été licencié du journal en ligne TSA (Tout sur l’Algérie).

Reporters sans Frontières a dénoncé le verdict retenu à l’encontre de Ghilas Aïnouche, et le journal satirique Charlie Hebdo a soutenu son ancien collaborateur, dénonçant l’accusation de terrorisme retenue à son encontre. Dans le classement 2022 de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, l’Algérie se place à la 134ème place sur 180.

 

Cartooning for Peace condamne le fait que des dessins de presse caricaturant une personnalité politique puissent conduire à une condamnation de son auteur et restera attentive à l’évolution du dossier.

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