Bonil est un dessinateur de presse prestigieux, qui a travaillé pour de nombreux journaux nationaux. Ses dessins ont été exposés dans le monde entier et il a reçu de nombreux prix internationaux. Dénonçant la corruption dans ses dessins, il a été la cible de menaces et de pressions politiques à plusieurs reprises.
Après avoir dessiné quotidiennement pendant plus de 30 ans pour El Universo, l’un des journaux les plus importants du pays, Bonil a démissionné après que le journal a refusé de publier six de ses dessins sans lui fournir d’explication. Son dernier dessin a été publié le 24 mars.
Les dessins de Bonil, qui n’ont pas été publiés, traitaient notamment de la crise de l’électricité qui touche le pays, de l’assassinat du journaliste Robinson del Pezo et des scandales visant la magistrature. Ces décisions ont été prises sans dialogue préalable, et interviennent après le rachat du journal, par un groupe d’investissements en février 2026.
Cette fin de collaboration soulève des questions quant au pluralisme et à l’indépendance de la presse équatorienne. L’écosystème médiatique équatorien est en effet marqué par des rachats successifs de médias et par des pressions économiques exercées sur les rédactions. Le refus de publier plusieurs dessins traitant de thématiques d’intérêt public dans un délai réduit soulève des inquiétudes quant à la nature de ces décisions.
Cartooning for Peace rappelle que le pluralisme et l’indépendance de la presse sont des garants essentiels de la liberté d’expression. Les dessinateurs de presse doivent pouvoir exercer leur métier librement, sans être soumis à des pressions, qu’elles soient d’ordre économique ou politique.
Traduction du dessin :
« Merci mes chers lecteurs pour ces 31 années de patience, complicité, liberté d’opinion, de désaccord aussi et des sourires partagés. Je fais mes adieux à ces chères pages d’EL UNIVERSO ! ». 24 mars 2026, El Universo